DES LÉZARDS, DES LIQUEURS aux éditions Gallimard




Des lézards, des liqueurs

" Sortez le poète des ruines. Prenez ses yeux, prenez sa bouche. Retenez-le, il se noie encore et encore dans la marée bruyante des pierres. Dans la cadence intime des allusions inouïes. Enfoncez vos doigts dans ses poumons lourds de trop d'archives. Décollez les images démolies et pesantes, ni secours ni envolées, de ses respirations chroniques. Donnez-lui une chance de revenir chanter la beauté muette du jour."



Jean-Paul Gavart-Perret en parle dans Le littéraire. 
Aymen Hacen en parle dans son émission Entrelacs sur Radio Pays D'Hérault
La fabrique de l'écrivain Vidéo de la Bibliothèque La Part-Dieu

LA PUDEUR MÉCANIQUE, Sylvain Larrière




LA PUDEUR MÉCANIQUE

On ouvre la porte, le monde est déjà là. Dans son obscurité crantée, le retour incessant des lumières, comme une nostalgie répétée, tournoyante. Retrouvées à l’instant précis de leur perte. Une caresse dans les yeux et puis s’en va ! Juste le temps pour nous de se tenir à soi, que déjà le monde perdu revient encore nous étonner. Nous avons changé devant lui ! On le retrouve pourtant en chacune de ses révolutions dans le chant des galets et des fers ajustés. Nous avons changé devant lui, et pourtant toujours le même qui passe en chacune de ses secondes. Il est quelle heure, le savons-nous ? À L’intérieur même du temps sans aiguilles. Il est quelle heure à l’horloge des lumières et des ombres offusquées ?

Nous avançons avec curiosité, sagesse, étonnements dans le rêve organique. Que regardons-nous ? Sinon nous-mêmes, l’éphémère, l’incertain, la pudeur mécanique, la paix d’un tour de manège intime. Que regardons-nous ? Sinon le vide organisé. Tournoiements des miroirs et des drapeaux au-devant des campagnes cylindriques, des lacs verticaux et des ciels maquillés dans les poches mystérieuses du hasard. L’appel des mosaïques à l’orée des loupes. La pensée glisse dans les spirales au plafond des soudures. Plus on avance et plus on se perd, pour retrouver ce qui nous éblouit dans la chair.

Dans le cliquetis des boites, l’enfance continue. Les courbes nous attirent, nous renvoient des rejets de lumières, des restes de beauté. Comme l’on s’avance et se penche dans les feuillées désertes en écartant les noirceurs du fond des âges, les précipices miniatures. En écoutant les murmures dans le théâtre d’ombre et les apparitions petites au fond d’un buisson d’eau claire. On découvre la vie, sa mécanique tendre. Les organes, les soufflets, les outils de clarté. L’enclume au fond glorieux de la forge élémentaire. Les mouvements perpétuels du jour à la nuit, de la nuit au jour, du jour à la nuit…

Joël Bastard
La Crapaude, 12 février 2018

Jephan de Villiers / Biblioteca Vittockiana


avec quelques livres en compagnie de Joël Bastard





Exposition Jephan de Villiers
BIBLIOTHECA VITTOCKIANA










AIMER JUSQU'À L'OS


AIMER JUSQU'À L'OS 

Livre Pauvre

avec Giraud Cauchy
"L'ignorant"

( 4 exemplaires )


LES APOPHTEGMES DE MONSIEUR BROUTILLE


Vient de paraître






26 apophtegmes manuscrits
avec des collages d'Eric Coisel
2 exemplaires
Collection Mémoires

AU BORD DU MONDE. EXIL ET RÉSISTANCE.



Du 26 mai au 22 octobre 2018

avec

Max Lingner /  Hans Hartung / Boris Taslitzky /
Karl-Otto Götz / Marcelle Loubchansky / Ceija Stojka /
Rahma Hajji Azzouz / Jephan de Villiers (accompagné d'un texte de Joël Bastard) /
Paul Le Rabo / Abel Reis / Bruce Clarke / Nawras Shalhoub /
Walid El Masri / Hafiz Adem / Genjo Selwa

Le thème « Exil et Résistance » se réfère pour cette exposition aux guerres et conflits de la seconde moitié du XXe siècle et à celles de ce début de siècle : barbaries (pays sous occupation, génocides, internement, emprisonnement, déplacement, exil, …) et résistances. Des artistes ont exprimé cet exil et cette résistance Ceux présentés pour cette exposition sont nés entre la fin du 19e et la fin du 20e siècle, ils sont entrés en résistance par l’exil politique et/ou exil intérieur. Pour la première génération l’expression artistique s’est modifiée en profondeur par ses formes et ses contenus comme pour reconstruire l’humanité après les traumatismes de la guerre. A travers le tachisme, l’informel, l’abstraction lyrique, l’art brut, le psychisme, la sensibilité, le monde intérieur sont mis au centre de la création dans le tournant d’après-guerre 39/45. Aujourd’hui des artistes contemporains ayant fui des conflits, artistes soutenant leurs causes, s’expriment de manière plus réaliste. La création artistique devient aussi un moyen de sensibiliser de façon plus directe l’opinion public. Les caricaturistes et dessinateurs de presse des différentes époques ont toujours eu ce rôle de dénoncer l’inacceptable de façon incisive et sont directement menacés. Environ quinze artistes de différentes générations et pratiquant diverses expressions artistiques ont été choisi (sous réserve) pour représenter cette lutte de survie et d’espoir pour la liberté et la paix. Le choix s’est fait selon les possibilités, les rencontres, les opportunités et ne peut prétendre recouvrir toutes les tendances artistiques et culturelles liées à l’exil et à la résistance de ces périodes de l’histoire.

CYTISE

Vient de paraître





Collection Mémoires
Manuscrits à trois exemplaires
Leporello avec Jacques Capdeville



DANS LA PRÉSENCE





Collection Mémoires
6 exemplaires manuscrits
avec une écriture de Jephan de Villiers

Pour une poétique numérique, littérature et internet



Le livre passionnant
et questionnant de GILLES BONNET



Poétique numérique, ou e-poétique : ce dernier terme surprendra peut-être, qui rappelle pourtant les avancées actuelles de l’escience, et plus largement des diverses herméneutiques de notre monde connecté. Cet essai aborde au continent neuf et immense déjà d’une littérature pensée et écrite par et pour le web. Blogs et sites d’écrivains sont les foyers actifs de ces textes nativement numériques, qui font appel aux spécificités de la navigation sur Internet, mais également aux ressources proposées par l’image et le son, pour proposer de nouvelles expériences de production comme de réception de l’œuvre. Il s’agit ici d’accueillir la diversité des pratiques contemporaines et de leurs supports, tout en expérimentant des outils d’analyse transversaux susceptibles d’en éclairer le sens et les enjeux. Loin d’une table rase, dangereusement séduisante dès qu’apparaît la fameuse « révolution numérique », ces pages prennent le parti de retravailler les acquis de la théorie littéraire afin d’inscrire dans le champ des humanités numériques l’étude de cette littérature vive.



Des dizaines d'écrivains et de poètes cités pour leurs dialogues avec internet dans ce livre :

...TRASSARD / HOUELLEBECQ / BASTARD /
BON / DUBOST / MAULPOIX / CLEMENT / PAGANO /
NOVARINA / PAUTREL / SOLETTI...




Deux Livres Pauvres...



UNIQUEMENT DE LA LUMIÈRE

avec Patrick Devreux
Collection "Claude Cahun"

( 4 exemplaires )





SON ROSSIGNOL EST PRECIEUX

avec Evelyn Gerbaud
Collection "Du Bellay"

( 4 exemplaires )





Exposition de Jean Capdeville et Jacques Capdeville

Au travers une sélection de toiles, œuvres sur papier et livres d'artiste, l'exposition rapproche ces deux parcours singuliers et les laisse exister dans la liberté des rapprochements proposés.





Livres d'artiste, entre autres ceux de
Jacques Capdeville avec Joël Bastard
Du 15 décembre 2017 au 6 mai 2018


ANTHOLOGIE, POÉSIE À RAMALLAH






Primo Schlaku, Hamid Tabouchi, Zeljko Makovic, Victor Rodriguez Nunez, Graziela Baquero, Joël Bastard, Josyane De Jesus-Bergey,  Jean Poncet, Jacques Rebotier, Tassos Galatis, Roland Kattan, Viviane Ciampi, Taher Riyad, Risto Vasilevski, Rachida Madani, Ali Abu Ajamieh, Maya Abu Alhayyat, Moheeb Al-Barghouti, Walid Al-Sheikh, Asmaa Azaiza, Khalid Darwish, Tarik Hamdan, Othman Hussein, Jumana Mustafa, Hala Shrouf, Raed Walsh, José Manuel De Vasconcelos, Zvonko Karanovic, Abdelwaheb Melaoueh.



LE MIROIR INTÉRIEUR






Tu appartiens au double
Au secret des affaires
De vivre autant de formes
Eclaire ton existence

................................



avec Mylène Besson
Livre pauvre
Collection " Masques "

( 5 exemplaires )



CHÈRE PEINTURE






...Lentement je marche le long des cases et des encadrements, des clos de brindilles et tout à coup les catacombes de Paris lorsque j’étais enfant. Toute l’humanité devant moi, ses ossements, ses fémurs croisés, ses crânes joyeux de lumière et ses orbites sombres comme des yeux. Me manque la bougie avec sa flamme petite qui dansait sur les os et sur la conversation silencieuse des morts. Je marche le long des toiles, le musée est éteint, il est tard et je vais d’image en image, de scène en scène animées par cette flamme. Par mon regard porté sur le monde de Marie.

LE LIVRE PAUVRE, ENTRE L'ALPHA ET L’OMÉGA, Une lecture de l'Apocalypse





Daniel Leuwers
Introduction de Marc-Edouard Gautier

UNE CUISINE EN BRETAGNE





Editions Lanskine




L’errance des esprits est au cœur du voyage, entre deux points dessinés sur la carte. 

Voyage en Bretagne au-delà de la mort du père, mais qu’importe, l’important est dans la rencontre. Piliers de bar, jeune fille perdue ou femme chaleureuse se retrouvent dans les rues, les salles de café ou accoudés à la table de la cuisine. Chaque paragraphe, en quelques traits, brosse tout cet univers d'hier, revisité aujourd'hui et maintenant. Joël Bastard, dans une écriture dépouillée et lumineuse porte sur les lieux et les choses les plus humbles un regard chaleureux et précis d’une infinie tendresse.

Catherine Tourné
Lanskine


Devant la poste, une jeune fille au sourire gras dérive immobile sur le trottoir. Dans le dos, entre un gilet trop court et un pantalon trop bas, une peau violacée, marbrée, ne supporte plus qu’une seule caresse, celle du froid.


L’errance des esprits est au cœur du voyage, entre deux points dessinés sur la carte. On se prend ensuite les pieds dans l’illusion du cadastre. On trouvera sans difficulté le chemin pour une porte à pousser de sa main froide, la chaleur est à l’intérieur du clos. Une fois assis dans le fauteuil avancé par l’ancien maître, on pourra se perdre une nouvelle fois dans la montagne accrochée au mur et dans la cascade d’eau claire qui goutte dans l’évier.


Le temps passe seulement d’un visage à l’autre.


Celui qui écrit n’est pas celui que l’on croit. Vous ne le rencontrerez jamais. Même si vous tenez le stylo. Jamais. Il écrit pour personne comme pour tous et cette écriture ne lui appartient pas. C’est un souffle indispensable qui passe de bouche en bouche. Ne s’attache pas, ne fait que passer. De main en main de l’encre née d’une nature bien avant nous.

Joël Bastard



Angèle Paoli en parle longuement sur TERRES DE FEMMES

Hep ! lectures fraîches, Cécile Guivarch dans Terre à ciel





SOUS LES DOIGTS DE L'URUBU







Est paru dans le Centre Presse du 16 août


CE QUE TU ME VOIS





Avec Marie L.
Collection Mémoires

Jean-Paul Gavard-Perret en parle sur lelitteraire.com




CHASSEUR DE PRIMES





Le chasseur de primes marche lentement sur le trottoir, repère une affiche, un appel à candidature l’intéresse. D'un geste sûr, le regard sur le lointain, il arrache l’espoir d’une prime.  Au calme sous les nuages noirs troués de bleus, de blancs, de lumières romantiques, ô peintures, je m'ennuie toujours. Et toujours dans ces cas-là, l'enfance, l'adolescence, le reste à vivre et toutes les déclinaisons particulières à l'endroit de l'ennui. L'ennui comme lieu de résidence. L'écrivain est entre deux châteaux, deux églises romanes, deux bergeries, deux rivières, deux ciels...Un lieu de résidence entre deux dans un espace qui n'existerait que pour lui seul. Il écrit ce qu'il voit avec cette espérance démesurée de devenir ce qu'il est sous les paupières. Il donne à voir la traversée méthodique de son pays intérieur. Car chacun le sien en ses yeux. Ce qu'il donnera ensuite à lire, peut-être, c'est l'espace qui règne autour de la bête difforme dans le dernier retranchement avant le mur. L'os. Tiens, la poésie revient ! Faut dire qu'il n'y a rien de mieux pour exprimer l'entre deux mots.




On ne discute pas la rémunération de l’éditeur, de l'imprimeur, de l'ouvrier du livre, du critique littéraire, du journaliste, du diffuseur, du livreur, du libraire, du caissier, du facteur et pour finir du comédien. Mais vous monsieur l'écrivain, vous faites cela pour le plaisir ! L'argent est si sale, comme je vous envie. Moi aussi j'écris un peu et il est évident qu'il n'est pas question d'argent dans cette activité. Vous faites donc un peu d'écriture. J'en connais d'autres qui font un peu de meubles, un peu de confitures, un peu de jardin, un peu de maçonnerie, un peu d'élevage, un peu de médecine… 


Le chasseur de primes ne doit pas s’attacher à son employeur, ni au pays qui l’héberge, sous peine de troubles affectifs et de manques trop prégnants. Il risque de baisser sa garde et de ne plus prospecter l’univers en quête d’autres horizons. Alors, il jongle avec l’absence, ironise tendrement sur la précarité des sentiments. Lorsqu’il trouve un nouveau chantier d’écriture, il vide ses yeux et son esprit pour faire de la place à la nouveauté. Bien entendu il s’use comme s’use toute masse musculaire. De retour au foyer, sur la scène du repos, s’avancent vers lui les traces anciennes.


  Marc Pautrel en parle sur son blog
Georges Guillain en parle sur son blog LES DÉCOUVREURS
Jacques Josse en parle sur Remue.net
Paul de Brancion en parle sur Terres de femmes


...Alors, je viens de lire CHASSEUR DE PRIMES. J’ai beaucoup souri, sans doute parce que je reconnaissais certaines situations, ou les visualisais facilement. Aussi parce que cet humour sous-jacent est une vraie réussite pour rehausser avec pudeur la mélancolie ou les faux-pas de la vie. À faire lire à tous les écrivains (et aux autres aussi, le lectorat manquerait de saveur sinon !), même (surtout ?) à Marc-Édouard Nabe ! ...Hervé Brunaux