UNE CUISINE EN BRETAGNE



Vient de paraître




Editions Lanskine


L’errance des esprits est au cœur du voyage, entre deux points dessinés sur la carte. 

Voyage en Bretagne au-delà de la mort du père, mais qu’importe, l’important est dans la rencontre. Piliers de bar, jeune fille perdue ou femme chaleureuse se retrouvent dans les rues, les salles de café ou accoudés à la table de la cuisine. Chaque paragraphe, en quelques traits, brosse tout cet univers d'hier, revisité aujourd'hui et maintenant. Joël Bastard, dans une écriture dépouillée et lumineuse porte sur les lieux et les choses les plus humbles un regard chaleureux et précis d’une infinie tendresse.

Catherine Tourné
Lanskine


Devant la poste, une jeune fille au sourire gras dérive immobile sur le trottoir. Dans le dos, entre un gilet trop court et un pantalon trop bas, une peau violacée, marbrée, ne supporte plus qu’une seule caresse, celle du froid.


L’errance des esprits est au cœur du voyage, entre deux points dessinés sur la carte. On se prend ensuite les pieds dans l’illusion du cadastre. On trouvera sans difficulté le chemin pour une porte à pousser de sa main froide, la chaleur est à l’intérieur du clos. Une fois assis dans le fauteuil avancé par l’ancien maître, on pourra se perdre une nouvelle fois dans la montagne accrochée au mur et dans la cascade d’eau claire qui goutte dans l’évier.


Le temps passe seulement d’un visage à l’autre.


Celui qui écrit n’est pas celui que l’on croit. Vous ne le rencontrerez jamais. Même si vous tenez le stylo. Jamais. Il écrit pour personne comme pour tous et cette écriture ne lui appartient pas. C’est un souffle indispensable qui passe de bouche en bouche. Ne s’attache pas, ne fait que passer. De main en main de l’encre née d’une nature bien avant nous.


Joël Bastard



Présentation et lecture du livre à Riom ( Les 3R ) 
le 25 septembre à 15hres
accompagné par le pianiste Michaël Stroudinsky





Hier, dans un journal marocain

Joël Bastard traduit en arabe par le poète Embarek Ouassat

Suite


SOUS LES DOIGTS DE L'URUBU







Est paru dans le Centre Presse du 16 août


CE QUE TU ME VOIS





Avec Marie L.
Collection Mémoires

Jean-Paul Gavard-Perret en parle sur lelitteraire.com




TOUT CE QUE LA NUIT







avec des peintures de Claire Nicole


CHASSEUR DE PRIMES





Le chasseur de primes marche lentement sur le trottoir, repère une affiche, un appel à candidature l’intéresse. D'un geste sûr, le regard sur le lointain, il arrache l’espoir d’une prime.  Au calme sous les nuages noirs troués de bleus, de blancs, de lumières romantiques, ô peintures, je m'ennuie toujours. Et toujours dans ces cas-là, l'enfance, l'adolescence, le reste à vivre et toutes les déclinaisons particulières à l'endroit de l'ennui. L'ennui comme lieu de résidence. L'écrivain est entre deux châteaux, deux églises romanes, deux bergeries, deux rivières, deux ciels...Un lieu de résidence entre deux dans un espace qui n'existerait que pour lui seul. Il écrit ce qu'il voit avec cette espérance démesurée de devenir ce qu'il est sous les paupières. Il donne à voir la traversée méthodique de son pays intérieur. Car chacun le sien en ses yeux. Ce qu'il donnera ensuite à lire, peut-être, c'est l'espace qui règne autour de la bête difforme dans le dernier retranchement avant le mur. L'os. Tiens, la poésie revient ! Faut dire qu'il n'y a rien de mieux pour exprimer l'entre deux mots.




On ne discute pas la rémunération de l’éditeur, de l'imprimeur, de l'ouvrier du livre, du critique littéraire, du journaliste, du diffuseur, du livreur, du libraire, du caissier, du facteur et pour finir du comédien. Mais vous monsieur l'écrivain, vous faites cela pour le plaisir ! L'argent est si sale, comme je vous envie. Moi aussi j'écris un peu et il est évident qu'il n'est pas question d'argent dans cette activité. Vous faites donc un peu d'écriture. J'en connais d'autres qui font un peu de meubles, un peu de confitures, un peu de jardin, un peu de maçonnerie, un peu d'élevage, un peu de médecine… 


Le chasseur de primes ne doit pas s’attacher à son employeur, ni au pays qui l’héberge, sous peine de troubles affectifs et de manques trop prégnants. Il risque de baisser sa garde et de ne plus prospecter l’univers en quête d’autres horizons. Alors, il jongle avec l’absence, ironise tendrement sur la précarité des sentiments. Lorsqu’il trouve un nouveau chantier d’écriture, il vide ses yeux et son esprit pour faire de la place à la nouveauté. Bien entendu il s’use comme s’use toute masse musculaire. De retour au foyer, sur la scène du repos, s’avancent vers lui les traces anciennes.


  Marc Pautrel en parle sur son blog
Georges Guillain en parle sur son blog LES DÉCOUVREURS
Jacques Josse en parle sur Remue.net
Paul de Brancion en parle sur Terres de femmes


...Alors, je viens de lire CHASSEUR DE PRIMES. J’ai beaucoup souri, sans doute parce que je reconnaissais certaines situations, ou les visualisais facilement. Aussi parce que cet humour sous-jacent est une vraie réussite pour rehausser avec pudeur la mélancolie ou les faux-pas de la vie. À faire lire à tous les écrivains (et aux autres aussi, le lectorat manquerait de saveur sinon !), même (surtout ?) à Marc-Édouard Nabe ! ...Hervé Brunaux
 

À L'INSTANT DE VOUS QUITTER





On fait une pause devant l’abandon d’une mare. Tout nous bouleverse, le peu de vie, quelques notonectes glauques nagent obscurément dans une eau glacée, saturée d’immobiles. On guette un saut, un plongeon, même le sourire noyé d’une fée, rien. Heureusement, car nous n’oserions pas faire un bouche-à-bouche là-dedans. Quelques gouttes de pluie cognent l’eau dure pour quelques ronds poussifs sans échos. Puis on abandonne l’abandon. Nous ne pouvons rien pour lui. Sinon ce trop plein d’émotions à peine troublé par le passage incongru des notonectes répétitifs.


 Éditions Atelier de Villemorge
Édition courante ( 100 ex )
avec 6 dessins d'Edward Baran

ENTRE DEUX LIVRES





Hier, au bord du canal, un vieil homme parlait dans une chaise roulante poussée par son fils. Il lui racontait ses voyages, son impatience, ses trafics en tous genres et ses colères, l’alcool et la drogue. Il avait même était blessé au révolver par un homme qui l’aimait passionnément. Raconte-moi tout papa. Il avait été violé par des militaires avinés, pantalons aux chevilles, ça remuait derrière. Sa face fut définitivement déchirée contre le mur. Et puis, bien plus tard, la rencontre avec sa mère. Ta mère, quelle beauté, quelle bonté. Elle m’a sauvé. J’étais épuisé, malade. Elle a rafraîchi mon âme brûlante, car je brûlais. Tout allait si vite. Le vieil homme bavait sur sa chemise et le fils l’épongeait, lui remettait en place son chapeau de paille. La canicule faisait bouillir les cervelles. Dans l’allée de l’hospice, une infirmière décida que tout le monde devait rentrer dans le réfectoire, à l’ombre des ventilateurs. Allez monsieur Rimbaud, il faut rentrer maintenant, vous allez attraper une insolation. J’espère que vous avez fait une agréable promenade.

D.D en parle un peu sur Radio Univers

LA CLAMEUR DES LUCIOLES



avec des photographies et des peintures
de CharlElie Couture

Éditions Virgile






          Je vais sortir. Je dois sortir. Marcher dans les rues, écouter la ville. Voir le pas des maisons. Voir les habitants entrer dans ces maisons et en sortir. Plus que tout, je dois aller voir le fleuve, le chemin qui marche, le Magtogoek des amérindiens, le fleuve aux grandes eaux. Le Saint Laurent. Mais peut-être ne sera-t-il plus là. Peut-être que le fleuve aura disparu au fond de la nuit dans le cerveau d’un  homme qui le rêvait. Peut-être que le fleuve et tous ses transports de pommes douces, de sel et de farine, coule pour toujours dans le crâne d’un inconnu disparu en forêt. Peut-être que le fleuve que nous voyons là est une illusion, le reflet de la pensée d’un homme étendu sous les branches et que le chemin qui marche le protège maintenant de son absence.

           Au soleil, le dos contre un mur blanc, en plein vent rue du port. Les yeux dans les reflets noirs d’un pick-up, j’écoute la carlingue refroidir en cliquetis venus d’ailleurs. Des drapeaux claquent sur le dos des motards visant l’extérieur de la ville. On se dit, pas étonnant que la poésie Beat ait battu le pavé des villes nord-américaines. On se dit, pas étonnant que l’amour devait se trouver dans une chambre de motel à l’autre bout du pays. Nous le traverserons en trois poèmes. On se dit, je veux être gardien de parking et boire des bières au bord du fleuve en compagnie de Kérouac. On se dit qu’il est trop tard pour cela mais que l’histoire est toujours bonne à prendre et que l’essentiel est toujours ailleurs.




On peut commander le livre directement à l'auteur:   joelbastard@hotmail.com