CHÈRE PEINTURE






...Lentement je marche le long des cases et des encadrements, des clos de brindilles et tout à coup les catacombes de Paris lorsque j’étais enfant. Toute l’humanité devant moi, ses ossements, ses fémurs croisés, ses crânes joyeux de lumière et ses orbites sombres comme des yeux. Me manque la bougie avec sa flamme petite qui dansait sur les os et sur la conversation silencieuse des morts. Je marche le long des toiles, le musée est éteint, il est tard et je vais d’image en image, de scène en scène animées par cette flamme. Par mon regard porté sur le monde de Marie.

Sa couleur est variée, on le sait. Pourtant la sienne l’est toujours l’air de rien. Ce n’est pas vert, ce n’est pas rouge, ce n’est pas blanc, ce n’est pas bleu, ce n’est pas, ce n’est pas…accumulons les ce n’est pas comme elle accumule elle-même les sentences, les formules, les propositions d’amour, les amulettes précieuses, les icônes élégiaques…

Cette couleur, c’est peut-être la couleur dans laquelle elle vit, à l’intérieur de son corps. Dans laquelle elle réside du matin au soir, du soir au matin ! Toutes ses peintures donnent cette impression-là, d’une couleur vibrante, irriguée à l’intérieur même de sa chair.

Et encore, on dirait un paysage de peintures. Toutes ces infinies miniatures pour nous faire croire. Tout est possible...




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