Ba Djéné, jeune jélimuso s'avance et pousse sa chanson au-delà de la rue. Au-delà du carré même de l'espoir. Au delà des puanteurs. Le ciel est un drap noir pour sa peau dite de couleur. Ses pieds tiennent à la terre par battements de cœur. Par battements de cœur ceux du présumé coupable, prisonnier sur son banc, qui dessine forcément pour ses geôliers imbéciles, vautrés ventres pleins dans des lits de cambrousse, une fresque respectable sur les murs du Campo: Vive les droits du citoyen...Pour le dessinateur un bol de mil caillouteux à seize heures et pas de médicaments. Vivement demain. L'écrivain de passage se retire des larmes inutiles. La littérature en gardera quelque trace. Tandis que Ba Djéné s'avance et pousse sa chanson au-delà. Au-delà.
Extrait de Bakofè
Entre Bamako et Ségou, il y a eu un accident de voiture mortel pour une jeune chanteuse inouïe. Je pense à Djeneba Kone qui chante pour toujours en moi.
